Le MALI a 50 ans
Pour travailler
plus efficacement, pour participer au développement local en
tenant compte des vrais besoins, il vaut mieux bien connaître le
pays, et notamment l’histoire du pays. Une histoire profondément
marquée par la colonisation française qui a duré plus de soixante
quinze ans. Aujourd’hui la France n’est pas un partenaire comme
les autres, car les sentiments à l’égard de l’ancien colonisateur
sont très contrastés.
Cette année dix-sept pays
africains, dont quatorze anciennes colonies françaises, vont
célébrer le cinquantième anniversaire de leur indépendance : le
Sénégal ayant ouvert la série le 4 avril dernier et le Mali
préparant la fête le 22 septembre prochain.
Quinze années seront nécessaires après la fin de la seconde guerre
mondiale -à laquelle les colonies de l’Empire ont payé un lourd
tribut- pour que la colonisation change de forme. La constitution
de1946, adoptée par référendum substitue l’Union française à
l’Empire. Pendant ces années les forces vives de l’Afrique, qui,
pour la plupart, apprennent la politique sur les bancs de
l’Assemblée nationale, vont prendre leur destin en mains. En 1956
on vote une loi cadre dont l’inspirateur est Gaston Deferre et qui
doit préparer l’indépendance des territoires africains. Et l’année
suivante, lors du congrès du Rassemblement Démocratique Africain
et en présence de Pierre Mendès-France, François Mitterrand et
Edgar Faure, un débat -toujours actuel- se fait jour entre les
tenants du fédéralisme comme le guinéen Sékou Touré ou le
soudanais Modibo Keita et ceux qui comme Houphouët-Boigny,
en Côte d’Ivoire, réclament le maximum d’autonomie pour
chaque territoire.
L’arrivée de Charles de Gaulle au pouvoir va accélérer le
processus de la marche vers l’indépendance. Le référendum de 1958
valide la Communauté en lieu et place de l’Union.
En avril 1959, se constitue la fédération du Mali qui comprend le
Sénégal et le Soudan français. Cette fédération restera un rêve, «
une semence virile de l’unité africaine » selon l’un de ses
inventeurs, car elle éclatera en 1960 lorsque le Sénégal,
unilatéralement, proclamera son indépendance. Le Soudan français
deviendra la République du Mali le 22 septembre 1960.
L’un des personnages–clés de l’indépendance malienne est Modibo
Keïta : conseiller de l’union française en 1953,élu sous
l’étiquette RDA député de l’AOF en 1956 et, la même année,
maire de Bamako, il devient
secrétaire d’Etat à la France d’Outre-Mer en 1957.
Les nouveaux dirigeants du Mali, Modibo Keïta, président et
Jean-Marie Koné, vice-président annoncent la mise en œuvre d’une
économie planifiée, la construction d’un « socialisme adapté aux
réalités maliennes ».C’est le temps de l’union des Etats Africains
« progressistes » et des conférences des non-alignés auxquelles
participe le jeune Mali.
L’histoire du Mali est rythmée de manière régulière par les
rébellions des Touaregs au Nord, les révoltes étudiantes et les
sécheresses qui peuvent mettre le pays en grandes difficultés.
En novembre 1968, un coup d’état militaire renverse Modibo Keïta
pour mettre fin à son programme socialiste. Moussa Traoré devient
chef de l’Etat et cumule aussi les fonctions de chef du
gouvernement. Ce n’est qu’en 1974 que les Maliens peuvent voter
pour une nouvelle constitution. Moussa Traoré qui sera réélu avec
99,94% des suffrages en 1985 a instauré une véritable dictature :
c’est le terme utilisé par les Maliens aujourd’hui.
Nouveau coup d’état militaire en 1991 : le Conseil de
Réconciliation Nationale est dirigé par le lieutenant-colonel
Amadou Toumani Touré. La transition démocratique est assurée :
nouvelle constitution, rétablissement du multipartisme et en avril
1992 Alpha Oumar Konaré est élu président de la république face à
huit concurrents. Le nouveau président doit faire face comme ses
prédécesseurs aux rébellions touaregs et à l’agitation scolaire et
étudiante. La Constitution prévoit notamment un mandat de cinq ans
pour le président et une chambre unique. Alpha Oumar Toumaré
annonce qu’il ne se représente pas en 2002 et c’est Amadou Toumani
Touré, qui n’est plus militaire et qui est élu en 2002 et en 2007.
La France demeure l’un des principaux partenaires économiques du
Mali avec le Sénégal et la Chine. Mais elle n’est que le quatrième
bailleur de fonds bilatéral derrière les Etats-Unis, le Canada et
les Pays-Bas.
Avec 150 jumelages, le Mali est le premier bénéficiaire de la
coopération décentralisée française. Coopération aussi, mais
souvent difficile celle-là, dans le domaine des flux migratoires :
les Maliens viennent en deuxième position, après le Sénégal, parmi
les immigrants de l’Afrique Noire en France.
Au bout du compte, le premier lien entre le Mali et la France
c’est sans doute la langue. Comme le dit le cinéaste camerounais
Jean-Pierre Békolo « Je ne suis pas sûr qu’un Finlandais soit
aussi proche d’un Français comme peut l’être un Africain
francophone. » Sans doute consciente de l’importance de ce lien,
la Chine vient de mettre en service un chaîne d’information
continue francophone à l’usage de l’Afrique…
Ils célèbrent 50 ans d’indépendance
Issus de l’A.O.F. : la Mauritanie, le Sénégal, la Guinée, la Côte
d’Ivoire, le Niger, le Burkina-Faso, le Bénin et le Mali.
Issus de l’A.E.F. : Le Gabon, la république Centrafricaine,
la république Congolaise et le Tchad.
Les pays confiés à la France en 1918 (ex-colonies allemandes) le
Cameroun et le Togo.
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