mÉdecine gÉnÉrale
La
dernière mission de compagnonnage en médecine générale du Dr. Yves
Menguy à Dianké a eu lieu en avril mai 2010. Il était accompagné
de trois étudiants en médecine, boursiers de SMARA. Voici le récit
qu’il a fait de son intervention :
Journal de bord : Un
médecin généraliste à Dianké et Léré.
Mission de médecine générale en compagnonnage
sur le terrain au nord Mali du 23 avril au 8 mai 2010: depuis dix
ans j'interviens dans la région de Tombouctou pour le compte de
SMARA dont je suis membre du Conseil d'Administration. Cette
mission devait se dérouler fin novembre 2009 et avait été annulée
à la dernière minute sous la pression de l'ambassade de France et
de la région Rhône-Alpes, partenaire de SMARA, après l'enlèvement
d'un français puis de trois espagnols et enfin d'un couple
d'italiens dans la bande sahélo-saharienne entre la Mauritanie et
le Niger. Le Français et les deux italiens ainsi que la femme
espagnole ont été libérés depuis. Mais la veille de mon départ le
23 avril, nous apprenons que Michel Germaneau vient d'être enlevé
à son tour aux confins du Niger, de l’Algérie et du Mali... Il a
donc été décidé en relançant cette mission d’éviter de traverser
la zone périlleuse ce qui implique de faire un très grand détour
pour passer par Sévaré-Mopti et rejoindre Tombouctou avant de
revenir vers l'ouest sur les villages de Dianké et de Léré. Deux
jours et un peu plus en 4/4 seront nécessaires pour accomplir ce
long périple empruntant souvent une piste détestable, une fois
quitté le goudron de la longue route Bamako Gao. Auparavant il
aura fallu s'armer de patience pour gagner Bamako au prix d'une
escale de plusieurs heures à Alger où nous avons été surpris par
le nombre de militaires affairés dans le hall de départ. L'avion
effectuant le vol sur Bamako et sur Abidjan nous a offert la
désagréable surprise de ne pas s'arrêter à l'aller et de se poser
à Abidjan d'abord avant de revenir sur le Mali. Quentin,
responsable local et Abdallah, chauffeur ont ainsi patienté de 22
heures à 3 heures du matin à l'aéroport sans qu'aucune information
ne leur soit délivrée sur le retard de l'avion! Le temps de
revenir à la base SMARA, de se doucher et de se mettre enfin au
lit il était déjà 4 heures! Courte nuit donc avec lever fixé 2
heures plus tard pour prendre immédiatement la route en compagnie
des trois étudiants boursiers devant participer au stage. Nous
ferons étape pour la nuit à Sévaré, près de Mopti puis le
lendemain à Niafunké au terme d'une bien longue route sur une
piste en mauvais état avec franchissement du fleuve Niger sur le
bac avant Tombouctou. Nos trois étudiants réclament quelques
instants pour aller saluer la famille de l'un d'eux; pendant ce
temps Abdallah, notre chauffeur, me fera faire une rapide visite
de la ville mystérieuse: mosquées dont la principale est une copie
de celle de Djenné, monument de la Paix qui commémore la fin de la
rébellion touarègue et la destruction des armes, construction par
le leader libyen d'une impressionnante et vaste résidence devant
le canal reliant la ville au fleuve...Peut-être faut-il vivre dans
cette cité, s'attarder le long des ruelles aux maisons de banco
encastrées, pouvoir pénétrer dans les habitations et côtoyer les
habitant pour ressentir tout le mystérieux mythique dont
Tombouctou est auréolé pour nous autres « toubabs »... Prévenu que
rien de tout cela ne vous conquiert immédiatement, au moins
n'êtes-vous pas déçu après avoir rapidement parcouru la ville sans
rien ressentir de fantastique... Dès notre arrivée au campement de
Niafunké, la ville dont Ali Farka Touré, célèbre chanteur, était
le maire jusqu'à sa mort récente, nous nous rendons au centre de
santé de référence du Cercle (département) dont Niafunké est le
chef-lieu. Bien que nous soyons dimanche soir nous rencontrerons
d'abord Youssouf, ancien médecin de Dianké avec qui j'avais
travaillé lors de ma dernière mission, heureux de me revoir tout
comme je le suis moi aussi...
Suite... |